La justice égyptienne a de nouveau rejeté jeudi la libération pour des raisons de santé d'Ayman Nour, leader de l'opposition emprisonné depuis un an et demi, a-t-on appris de source judiciaire.
"La cour ne fait pas confiance aux rapports médicaux privés présentés par Ayman Nour et s'est basée sur les rapports officiels, lesquels estiment que sa vie n'est pas en danger", a indiqué cette source qui a requis l'anonymat.
La décision, qui n'a pas été publiquement annoncée, a été prise par le président de la cour d'assises, Adel Abdel Salam Gomaa, qui avait lui-même prononcé la condamnation de M. Nour à cinq ans de prison en décembre 2005.
L'opposant, avocat de 43 ans, avait été reconnu coupable de falsification de documents nécessaires à l'agrément de son parti Al-Ghad (libéral), ce qu'il a toujours nié.
"La cour a pris sa décision de manière secrète, en l'absence des avocats d'Ayman Nour, de l'accusé et de sa famille", a tempêté l'un des avocats de M. Nour, Me Amir Salem, affirmant qu'il allait porter plainte.
La salle d'audience était totalement interdite d'accès, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Quelques mois avant sa condamnation, Ayman Nour était arrivé derrière le président Hosni Moubarak, réélu en septembre 2005 pour un cinquième mandat consécutif à la première présidentielle pluraliste depuis 50 ans.
Washington avait dénoncé sa détention comme une grave "erreur judiciaire".
A l'issue de l'audience, l'épouse d'Ayman Nour, Gamila Ismaïl, a confié à l'AFP sa déception: "J'étais optimiste, inutile de le nier".
Un tribunal administratif doit encore statuer le 12 juin sur une autre requête d'Ayman Nour, également en faveur de sa libération pour raisons de santé.
Lors d'une précédente audience, le 22 mai, ce tribunal avait demandé qu'il soit examiné à nouveau pour un comité d'experts médicaux mandatés par le ministère de la Justice.
Source : Actu.ma