Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé mercredi par un coup d'Etat militaire, restait toujours détenu jeudi matin au siège du bataillon de la garde présidentielle, a-t-on appris de sources sécuritaires
Dans la nuit, un conseil composé de militaires et dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, a fait lire à la radio nationale un communiqué proclamant que le Haut conseil d'état des forces armées et de sécurité avait "mis fin au pouvoir du président" Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu en mars 2007.
Au lendemain du putsch, le journal Le Quotidien de Nouakchott se demandait en une : "coup d'Etat, comment en est-on revenu à la case départ ?". Nouakchott Info titrait prudemment "coup d'Etat, la fin d'une période", tandis que le journal Biladi évoquait "la démocratie à l'épreuve".
Les parlementaires "frondeurs" qui avaient démissionné en début de semaine du parti au pouvoir ont appelé "tous les citoyens" à participer jeudi matin à Nouakchott à "une marche de soutien" aux putschistes et leur chef. "Nous soutenons le +mouvement correctif+", avait déclaré mercredi leur porte-parole, le député d'Atar (nord) Sidi Mohamed Ould Maham, au sujet du coup d'Etat.
Les manifestants devaient se rassembler à partir de 10H00 (locales et GMT) pour débuter cette marche de soutien à la junte militaire, prévue du rond-point de l'aéroport vers la présidence.
Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance du pays en 1960, avait été arrêté peu après avoir annoncé les limogeages de plusieurs officiers supérieurs, dont le général Ould Abdel Aziz, chef de la garde présidentielle et meneur du coup d'Etat.
AFP