Le Grand Prix de la 8-ème édition du Concours international de piano SAR la Princesse Lalla Meryem est revenu, cette année, au terme d'une compétition de très haut niveau, au pianiste polonais Fares Marek Basmadji (1-er prix de virtuosité).
Ce prix a été décerné lors de la cérémonie de clôture de ce concours international qui s'est déroulée, mardi au Théâtre National Mohammed V de Rabat, en présence de plusieurs ambassadeurs et autres personnalités ainsi que des parents des lauréats.
Dans une allocution pour la circonstance, la présidente de l'association "Les Amitiés Musicales", inititatrice du concours, Mme Ghizlaine Hamadi a exprimé sa reconnaissance et sa profonde gratitude à SM le Roi Mohammed VI, "protecteur de l'art et des jeunes talents" ainsi qu'à SAR la Princesse Lalla Meryem, présidente d'honneur du concours.
Elle a indiqué que son association s'est engagée à satisfaire les espoirs des jeunes et à contribuer au "développement de l'art, miroir des peuples, à travers entres autres, la musique, langage universel".
Outre le grand prix du concours, plusieurs autres prix ont été décernés lors de cette cérémonie, devenue au fil du temps pour les enfants et jeunes pianistes une intronisation obligée (143 lauréats et 40 prix spéciaux).
"Cette récompense est une véritable reconnaissance de mon travail", a déclaré à la MAP, le pianiste polonais, lauréat du Grand Prix.
Son enthousiasme communicatif et son interprétation véhémente des Etudes op.39 n 3, op.33 n 3 et n 9 de Rachmaninoff lui ont permis de devancer, certes de peu, les deux autres finalistes, la fine délicate et puissante japonaise Taki Shirakawa (2-ème prix de virtuosité, Scarbo de Ravel) et l'éclatante bulgare Irina Georgieva (3ème prix de Virtuosité).
Le public est resté pantois devant les harmonies du jeu du pianiste Basmadji qui a su donner un éblouissant sens de l'architecture et une authentique intériorité, en interprétant l'oeuvre de Rachmaninoff.
Dans ce programme exigeant, le public est resté également captif des constructions sonores que le pianiste polonais installait patiemment et qui imposaient une ferveur croissante.
Ces jeunes artistes sont parvenus à dilater le temps et à ouvrir l'espace avec leur jeu inouï. Ce qu'on entend est très grand et nous fait quitter terre: une leçon de musique et une leçon de vie.
Voilà des jeunes pianistes qui devinent, trouvent et imaginent un monde qui leur appartient à eux seuls. Il était émouvant de voir avant l'annonce du prix de virtuosité, des petits enfants, des génies en action, capables de nous faire découvrir et replonger dans l'"enfance à volonté"- pour reprendre cette expression splendide de Baudelaire-.
Et tout cela dans le plus grand naturel et une hallucinante simplicité. Dans l'allegro en si bémol Majeur de Mozart, puis Vamos ver Mulatinha de Villa Labos et Swine-Herd's Song de Bartok, il fallait les entendre dans une humeur rêveuse, étrange et fantastique.
Lors de ce concert, rien qui domine, aucune volonté de puissance, mais une certitude: la tendresse pour sauver le monde.
MAP