Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement , M. Khalid Naciri a affirmé que le traitement des incidents de Sidi Ifni par la chaîne de télévision Al Jazeera était contraire à la déontologie, car cette chaîne a diffusé une information alors qu'elle savait qu'elle était fausse.
Bien que le correspondant d'Al Jazeera ait été officiellement informé par les services du ministère de l'intérieur qu'il n'y avait pas eu de victimes, il a persisté à diffuser une fausse information et ce des heures durant, a souligné M. Naciri, qui était l'invité de l'émission "Adwae Ala Al Ahdath", diffusée par la chaîne de télévision "Hiwar", basée à Londres.
Le ministre a expliqué que face à la gravité de ce comportement qui constitue une faute professionnelle gravissime, la réaction des autorités marocaines s'est traduite par le retrait de l'accréditation au directeur du bureau de la chaîne à Rabat et sa poursuite en justice, une démarche naturelle et légale d'usage dans tous les pays.
Réagissant aux allégations d'Al Jazeera prétendant que la présumée information avait été diffusée par d'autres médias, M. Khalid Naciri a souligné que ces arguments sont fallacieux et s'inscrivent dans la manipulation médiatique que cette chaîne n'a cessé de pratiquer, précisant que les autres médias qui ont relayé cette fausse information l'ont fait en se référant à la chaîne qatarie, mais se sont vite abstenues de continuer à la diffuser et l'ont même rectifiée, contrairement à Al Jazeera, qui a continué sciemment à la diffuser.
Ce comportement était inacceptable et l'attitude des autorités marocaines aurait été autre si la chaîne avait présenté des excuses et corrigé la fausse information, mais, a-t-il dit, la persistance dans l'erreur nous a amené à prendre position, citant à cet égard le cas d'un journal marocain qui avait diffusé la fausse information avant de s'excuser dans le numéro suivant.
Le ministre a affirmé, par ailleurs, que la démocratie et l'élargissement du champ des libertés publiques, la liberté de la presse en tête, est un choix stratégique et irréversible pour le Maroc, en soulignant que le Royaume n'acceptera aucun chantage, ni d'être accusé d'avoir dévié de cette voie chaque fois qu'il se trouve contraint de se défendre.
Le Maroc a été l'unique pays arabe qui a eu la largesse d'esprit d'accueillir "Al Jazeera" laquelle a eu droit à un traitement généreux de la part du Maroc avec lequel elle n'a pas fait preuve d'objectivité, a-t-il poursuivi.
Cette chaîne n'évoque le Maroc qu'à travers des aspects négatifs, en évitant de parler de toutes les réalisations positives, ce qui nous incite à nous interroger sur ce type de traitement, a-t-il ajouté, en déplorant que la chaîne n'ait pas donné suite à la demande d'excuses exigées par le Maroc.
Pour sa part, le Secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), M. Younès Moujahid a estimé, dans une déclaration similaire, que lorsqu'une chaîne de télévision affirme qu'il y a eu entre 6, 8 et 10 morts dans des incidents qui se produisent dans une cité donnée, ceci n'est pas aussi simple pour quelque pays que ce soit, en ajoutant que l'Etat dispose de suffisamment de moyens pour diffuser des démentis et des mises au point.
M. Moujahid a évoqué "certaines positions de la chaîne qui manquent d'objectivité envers le Maroc", affirmant que le gouvernement marocain a plusieurs remarques sur le traitement du Maroc par Al Jazeera.
Le secrétaire général du SNPM a déploré à ce propos que l'on en arrive au retrait de l'accréditation et à des poursuites judiciaires, appelant à ce que cette question soit débattue au niveau des médias.
Le syndicat rejette le recours au retrait de l'accréditation, sachant que l'affaire est portée devant la justice et que le gouvernement devrait attendre le verdict, a-t-il ajouté, en précisant que le SNPM va adresser ses remarques à la chaîne qatarie et aux différents médias, notamment en ce qui concerne les précautions d'usage et la précision dans les informations à diffuser.
"Notre position professionnelle prône le dialogue entre les pouvoirs publics et les médias afin de transcender toute tension", a-t-il dit, estimant d'autre part, légitime que le gouvernement demande qu'Al Jazeera fasse des excuses.
MAP