Les habitants d’Al Azhar sont en émoi. Dans ce quartier casablancais, un instituteur vient d’être accusé de pédophilie par quelques unes de ses élèves. Des gamines de huit ans pour la plupart.
JUSQU’au mardi 7 mai, six écolières, âgées de huit ans dans leur majorité, ont été entendues par les services de police de Sidi Bernoussi. Toutes accusent leur instituteur de les avoir contraintes plusieurs fois à des attouchements sexuels. Selon la mère de l’une des victimes, sa fille s’est plainte du fait que son instituteur a, selon les propres termes de la fillette, « pissé sur elle ». Après vérification, la maman, désemparée, découvre que le caleçon de sa fille est effectivement mouillé. Mais, il ne faisait aucun doute, selon elle, que le liquide était du sperme. Il a suffi qu’une première fillette brise le silence, pour que les langues des autres petites victimes se délient. D’autres témoignages évoquent des rougeurs apparentes constatées sur les parties intimes des fillettes concernées.
Une enquête a été ouverte à la suite des plaintes déposées par les parents des victimes. L’accusé, âgé de 48 ans, marié et père de trois enfants dont l’aîné est au baccalauréat, a été aussitôt arrêté par la police pour « suspicion d’abus sexuels » et écroué par le parquet de Casablanca.
Tous ceux qui connaissent l’accusé affirment qu’il est, en apparence, un homme irréprochable. C’est aussi l’avis de la direction de l’école Al Azhar où il a été muté depuis le début de cette année scolaire, en provenance d’une autre école de la ville de Mohammedia. De l’avis également de certains de ses collègues qui l’ont déjà côtoyé, l’accusé donnait des cours à ses élèves de deuxième année du primaire sans laisser transparaître aucun comportement anormal. Plus étonnant encore, sa propre fille était dans la même classe où il est aujourd’hui accusé d’avoir des actes pédophiles avec certaines de ses petites élèves. Même sa femme enseigne dans la même école que lui. D’ailleurs, dès qu’elle a eu vent des agissements de son mari, elle est tombée de tout son long, évanouie. Elle non plus n’en revient pas.
Maintenant que l’affaire s’est ébruitée, les témoignages abondent. Certains prétendent qu’à chaque fois que l’instituteur voulait assouvir son désir bestial, il le faisait en prenant le soin de cacher sa petite victime sous son bureau. D’autres affirment que le pédophile présumé faisait régner la terreur auprès de ses élèves pour que son secret ne sorte pas des murs de la classe.
Ce sont là, à l’évidence, les méthodes habituelles des pédophiles. D’ailleurs, il n’y pas longtemps, dans le quartier de Sidi Benroussi, un autre instituteur utilisait ces mêmes méthodes pour abuser sexuellement de 12 de ses élèves.
En tout cas, au-delà de l’émotion que de telles affaires peuvent créer, il revient à la justice de s’assurer du bien fondé des accusations portées à l’encontre du pédophile présumé d’A Azhar et de sévir en conséquence.
Source : Mohamed Zainabi - Le Repoter