Un taux faible de deux substances chez la femme enceinte pourrait expliquer la "pré-éclampsie", une affection accompagnée d'hypertension, de convulsions et de baisse de l'oxygène placentaire qui peut causer des risques vitaux pour la mère et le foetus vers la fin de la grossesse.
Cette découverte, réalisée par des chercheurs de la Harvard Medical School et publiée dimanche en ligne dans la revue britannique Nature, pourrait permettre selon eux un diagnostic précoce et même un traitement de ce désordre.
Raghu Kalluri et ses collègues, par manipulations génétiques, ont provoqué chez des souris une condition ressemblant à la pré-éclampsie, en les empêchant de produire un enzyme appelé catechol-O-methyltransferase (COMT), qui normalement inactive des neuro-transmetteurs, les catécholamines.
Ils ont constaté que le manque de cet enzyme empêchait les souris de produire un métabolite naturel (substance qui participe au métabolisme), le 2-methoxyoestradiol, dont les quantités normalement augmentent dans les trois derniers mois de la grossesse.
Les niveaux de ces deux substances de fait sont bas chez les femmes qui souffrent d'une pré-éclampsie sévère.
Les chercheurs espèrent que leur découverte permettra de poser un diagnostic de pré-éclampsie avec une simple analyse de sang ou d'urine. D'après eux, fournir à la femme un apport de 2-methoxyoestradiol pourrait permettre d'améliorer sa condition, voire de prévenir la pré-éclampsie.
AFP