Le Code pénal est clair. L'article 326 stipule : « Est puni, de un à six mois de prison, quiconque ayant les moyens de subsistance ou étant en mesure de se les procurer par le travail, ou de toute autre manière licite, se livre habituellement à la mendicité en quelque lieu que ce soit. »La loi est plus sévère si le mendiant exploite des enfants de moins de treize ans.
Combien de personnes sont-elles dans cet état?
Le phénomène a fait l'objet d'une enquête qui a été menée par le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité en 2007 et qui a révélé l'existence de près de 200.000 mendiants dans le Royaume.
Les femmes représentent 51,1% des mendiants au Maroc et les hommes 48,9% d'entre eux. En matière de mendicité, la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaërs se place au premier rang avec un pourcentage de 21,8 %, suivie de la région du Grand Casablanca (17,8%) alors que la région de Chaouia-Ouardigha-Abda Doukala enregistre le taux le plus faible avec 6, 8%.
Concernant la répartition par âge, les mendiants âgés de 40 à 59 ans représentent 34,6% alors que les jeunes âgés de 18 ans et moins représentent seulement 11,5% du total des mendiants au Maroc.
Les mendiants mariés viennent en tête du tableau (35,2%), ce qui, explique-t-on de même source, signifie que le recours à la mendicité est motivé par la nécessité de subvenir aux besoins de la famille.
L'enquête révèle aussi que 66,7% des personnes qui font la manche sont analphabètes.
De plus, l'activité est lucrative et pourrait rapporter au minimum entre 100 et 300 dirhams par jour.
Pour lutter contre ce phénomène qui prend de plus en plus d'ampleur, le gouvernement veut s'attaquer aux causes de sa propagation à travers des programmes concrets et une stratégie coohérente. A travers un plan d'action et un contrat-programme social qui devrait s'étendre jusqu'à 2010, il focalise son action sur cinq axes essentiels comportant, outre l'intégration sociale des personnes handicapées, la protection de l'enfance, la promotion de la condition de la femme, la lutte contre l'exclusion sociale et le partenariat avec les associations.
Une approche qui s'inscrit en droite ligne des engagements internationaux pris pour lutter contre les précarités et promouvoir les droits des diverses catégories sociales pour que celles-ci puissent mener une vie digne.
Source : Libération