Huit formations et artistes représenteront l'Afrique à la septième édition du Festival Mawâzine, Rythmes du monde, qui se déroulera du 16 au 24 mai prochain, à Rabat. Les ambassadeurs de la musique africaine se donneront la réplique du 17 mai au 22 mai (sauf le 20) sur la scène Hay Riad, à Rabat.
Se produiront sur cette scène, consacrée au continent africain, les ensembles et musiciens: Wunmi et Tony Allen (Nigeria), Casimir Zoba alias Zao (Congo-Brazzaville), l'ensemble Super rail band de Bamako et Rokia Traoré (Mali), Bonga (Angola), le groupe multiethnique Freshly ground (Afrique du Sud) ainsi que le musicien Omar Pène et l'ensemble Super Diamono du Sénégal.
Deux artistes nigérians ouvriront le bal de ces festivités aux couleurs africaines, samedi 17 mai. La talentueuse danseuse et fashion designer Wunmi est connue pour son afro-fusion, un mélange de soul et de funk, doublé d'une voix profonde au timbre typiquement africain, qui ne laisse pas indifférents les mélomanes. La chanteuse native de Londres puise son inspiration dans l'afro-beat, le funk et la soul. Son compatriote Tony Allen est considéré comme l'un des fondateurs de l'afro-beat avec son maître et ami Fela Anikulapo-Kuti, dont il était le batteur et directeur artistique. Ce musicien a su donner à la musique une couleur festive et engagée. La critique internationale le présente comme le musicien qui renouvelle le plus l'afro-beat.
Dimanche 18 mai, ce sera au tour de l'artiste congolais Zao d'assurer le succès des prestations africaines à ce Festival. Le « sorcier », distingué par le prix «Découverte RFI» (1982), a marqué la scène africaine à travers de nombreux titres d'une étonnante originalité. Il est l'auteur de la célébrissime chanson « Ancien Combattant », mais aussi de « Soulard », « Adam et Eve », « Corbillard », « Moustique », « Apartheid », « Football », entre autres. Un musicien engagé.
Zao partagera la scène avec le groupe Super rail band de Bamako. Pour la petite histoire, l'orchestre créé en 1970 par la Régie des chemins de fer du Mali a donné au monde de grands musiciens maliens, à l'instar de Salif Keïta et Mory Kanté. L'ensemble poursuit sa vocation de révélateur grâce aux compositions de Djelimady Tounkara et aux accents de sa guitare électrique.
Les festivaliers apprécieront lundi 19 mai le talent de Bonga, l'un des tout premiers inventeurs de la world music. Précurseur avec Fela Kuti de «l'africanité», sa musique dénonce les luttes partisanes et ethniques qui ravagent son pays, l'Angola, depuis près de deux décennies. Trente ans après, il propose encore des rythmes d'une sobriété magique, guitares de soie, dikanza lancinante, airs d'accordéon gémissants, percussions étrangement douces pleines de souplesse et d'énergie à la fois. Avec une voix unique, rauque, sensuelle et suave qui ne laisse pas indifférent le public.
La formation sud-africaine Freshly Ground se produira quant à elle mercredi 21 mai. Le groupe, qui a reçu en novembre 2006, le MTV Music Award du groupe africain de l'année, a assuré la même année, les premières parties de la tournée sud-africaine du chanteur Robbie Williams.
Omar Pène et Le Super Diamono du Sénégal inviteront le public, lors de cette soirée, à (re)découvrir les sonorités sénégalaises du m'balaax, mêlées aux rythmes de blues, jazz, reggae et à la salsa.
Omar Pène est un artiste à succès. Sa voix est reconnue comme l'une des plus belles de la world music. Youssou N'Dour dit de lui qu'il est «la légende vivante de la musique africaine». La rencontre d'Omar Pène et du Super Diamono de Dakar écume la scène par une voix pure et une musique irréprochable.
La fête africaine s'achève, jeudi 22 mai, avec un spectacle de Rokia Traoré. La Malienne a collectionné tout au long de sa jeune et très riche carrière de nombreuses récompenses. Elle s'est vu décerner le prix RFI «Découverte Afrique» (1997). Trois ans après, «Wanita» est élu album de l'année par la revue Folk and Roots. « Bowmboï », son troisième album, a été élu meilleur album de l'année dans la catégorie «World Music» par la chaîne britannique BBC.
Pour rappel, plus de cent spectacles animés par des artistes représentant une quarantaine de pays feront vibrer la capitale lors de cette septième édition qui s'annonce chaude et très colorée.
Source: ALAIN BOUITHY - Libération