La ville de Chlef, à 200 km à l'ouest d'Alger, était le théâtre lundi matin, pour la seconde journée consécutive, de violentes manifestations, qui se sont traduites par une soixantaine d'arrestations,
"De petits groupes d'émeutiers très mobiles continuent à harceler les forces de l'ordre et à s'attaquer aux bâtiments publics, au milieu d'un impressionnant dispositif policier", a raconté l'un d'eux. Ces témoins affirmaient n'avoir pas relevé de victimes, morts ou blessés.
Les manifestations avaient commencé dimanche en marge d'un procès intenté par le préfet du département pour diffamation contre Mohammed Yacoubi, président de la "coordination des sinistrés d'octobre 1980", victimes d'un tremblement de terre qui avait fait 7.000 morts. M. Yacoubi reprochait aux autorités le retard mis à compenser les dommages subis par ces sinistrés, hébergés dans une cité de 20.000 baraques érigées après le séisme. Ils attendaient des aides de l'Etat pour améliorer ces habitations qui se sont nettement dégradées depuis leur installation.
Ces sinistrés ont été rejoints par des hordes de jeunes chômeurs, qui ont saccagé des édifices publics et incendié des sièges de sociétés privées. La région, fortement agricole, a un taux de chômage plus élevé que la moyenne nationale estimée à 13% de la population active. Aucun bâtiment public du centre ville n'a été épargné, selon les témoins. Les émeutiers ont également arraché des feux de signalisation et des abris de transports public, qu'ils ont érigés en barricades pour s'opposer aux interventions des forces de l'ordre.
AFP