Les hommes d'affaires marocains et français réunis, vendredi à Rabat, dans le cadre du Groupe d'impulsion économique France-Maroc (GIEFM), ont mis l'accent sur l'importance de la formation des ressources humaines en tant qu'élément central dans le développement des entreprises et du partenariat économique maroco-français.
La réunion du GIEFM, qui s'est tenue en marge de la 9-ème réunion de haut niveau maroco-française, qui se tient les 17 et 18 avril courant sous la présidence du Premier ministre M. Abbas El Fassi et de son homologue français, M. François Fillon, a été une occasion pour lancer une réflexion sur la contribution des opérateurs privés aux efforts déployés dans le domaine de la formation.
Les hommes d'affaires marocains et leurs homologues français, qui étaient nombreux à faire le déplacement au Maroc avec M. Fillon, ont salué la dynamique qui marque les relations économiques entre les deux pays, depuis la création du GIEFM en 2005, et mis l'accent sur les problèmes et les contraintes qui restent encore à résoudre pour renforcer davantage ces relations.
"Nous sommes très satisfait des résultats", a indiqué le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Moulay Hafid Elalamy, précisant que les rencontres du GIEFM ont permis la création de partenariats "très solides" entre les hommes d'affaires des deux pays.
Le patron des patrons marocains a souligné l'importance des potentialités des deux pays, estimant qu'elles restent encore sous-exploitées.
Le Maroc est une plateforme d'accompagnement industriel pour l'Europe, a-t-il affirmé, ajoutant que les relations maroco-françaises s'inscrivent dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen, qui s'impose aujourd'hui comme une vérité géographique et économique. Elles sont "un micro-modèle" et "un véritable moteur" dans l'espace Euro-med, a-t-il ajouté.
Il a évoqué, par ailleurs, quelques problèmes qui entravent encore les entreprises des deux pays, citant essentiellement dans ce cadre le système fiscal. Un point de vue partagé par le co-président du GIEFM, M. Jean René Fourtou, qui a mis l'accent dans son intervention sur l'importance de la réforme de ce système et des statuts des expatriés et des résidants permanents français au Maroc.
Un statut qui n'accompagne pas la dynamique enclenchée par les plans stratégiques mis en place par le Maroc dans plusieurs secteurs, a estimé M.
Fourtou, qui a insisté sur les ressources humaines comme élément essentiel dans le développement des entreprises et la réussite des opérations de délocalisation des entreprises françaises au Maroc.
Le GIEFM s'est fixé trois objectifs principaux, la compétitivité du Maroc, la promotion et l'accompagnement des entreprises des deux pays, a-t-il précisé, mettant l'accent sur l'importance d'un réajustement et d'une actualisation des plans stratégiques engagés par le Maroc.
Intervenant à cette occasion, le ministre de l'Economie et des Finances, M.
Salaheddine Mezouar, a salué la qualité du travail accompli dans le cadre du GIEFM, grâce auquel "le Royaume a pu avancer dans la formulation de l'offre Maroc", ce qui s'est traduit par des investissements et des partenariats importants entre les deux pays.
M. Mezouar a mis également l'accent sur la dynamique que connaissent l'économie nationale et les relations économiques entre le Maroc et la France, les qualifiant de "continues et positives".
Le gouvernement du Maroc continue avec la même détermination et la même volonté et offrira toujours des facilités nécessaires aux entreprises pour rendre les secteurs productifs plus réactifs, a souligné M. Mezouar, ajoutant que le Maroc déploie des efforts importants dans le domaine de la formation de ses ressources humaines.
Dans ce cadre, il a cité notamment les plans de formations élaborés par le Maroc selon les besoins de chaque secteur et les aides frontales aux entreprises pour compenser les coûts de formation, à l'instar de ce qui est fait dans le secteur de l'Offshoring.
La ministre française de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, Mme Christine Lagarde, a, pour sa part, indiqué que la France est le premier exportateur, importateur, investisseur, bailleur de fonds et pourvoyeur de touristes pour le Maroc, qualifiant les relations entre les deux pays de "fécondes et productives".
Ces relations ont été renforcées encore davantage avec la mise en place du GIEFM, qui a pu enclencher une forte dynamique entre les deux pays, a-t-elle souligné, mettant l'accent sur le rôle de l'Etat dans le développement des relations économiques entre le Maroc et la France.
L'Etat joue un rôle important qui trouve sa légitimité dans un contexte international marqué par une crise financière et la flambée des cours des matières premières, notamment le pétrole et les céréales.
Les nombreux hommes d'affaires marocains et français qui ont pris part à cette réunion ont saisi l'occasion de la présence de plusieurs ministres pour exprimer leurs préoccupations et les difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion de leurs affaires. Ils ont notamment mis l'accent dans ce cadre sur les problèmes liés à la fiscalité, à la formation des ressources humaines et au transport.
Le Maroc et la France jugent extrêmement positifs les résultats de l'action du GIEFM, un groupe co-présidé par M. Mustapha Bakkoury, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et M. Fourtou, président du conseil de surveillance de Vivendi.
La réunion du GIEFM a vu la participation de plusieurs ministres dont ceux de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, M. Ahmed Réda Chami, de l'Agriculture et de la Pêche maritime, M. Aziz Akhannouch, et du Commerce extérieur, M. Abdellatif Maazouz.
MAP