Une centaine de journalistes et de militants des droits de l'Homme ont réclamé jeudi lors d'un meeting à Casablanca la "libération immédiate" d'un journaliste condamné en 2007 pour "divulgation de secrets militaires", a rapporté un journaliste de l'AFP.
Le 18 septembre 2007, Mustapha Hormatallah, journaliste de l'hebdomadaire arabophone Al Watan Al An, a été condamné en appel à sept mois de prison ferme. Il a été incarcéré après le rejet de son pourvoi en cassation en février 2008, pour purger un reliquat de cinq mois de prison.
"Nous disons d'une seule voix: libérez Hormatallah", a déclaré dans un discours Younès Moujahid, président du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). M. Moujahid a rappelé des procès intentés à des journalistes au Maroc, dénonçant "une politique qui vise à étouffer la liberté de la presse", et appelant à "une justice indépendante".
Abdelilah Benabdeslam, vice-président de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), a estimé de son côté que le Maroc vivait "une régression des libertés". "Nous devons barrer la route à tout retour en arrière", a-t-il dit.
"Moralement, il tient bon, mais il déplore qu'il soit incarcéré avec des détenus de droit commun", à la prison Oukacha de Casablanca, a déclaré à l'AFP Nabil, frère du journaliste détenu.
Mustapha Hormatallah était poursuivi, comme le directeur de son journal Abderrahim Ariri - condamné à cinq mois de prison avec sursis - pour "diffusion de documents confidentiels" sur la lutte antiterroriste.
AFP