Le Maroc a fait d'énormes progrès en matière de droits de la femme et constitue désormais un exemple dans le monde, a souligné jeudi Mme Souad Sbaï, députée italienne d'origine marocaine.
Mme Sbai, qui vient de remporter un siège au sein du parlement italien, s'est félicitée des efforts déployés au Maroc pour promouvoir la participation de la femme dans la vie politique, économique et sociale du pays.
Dans une déclaration à la MAP, à l'occasion de sa participation à une conférence organisée au Parlement européen à Bruxelles, sur la situation des femmes musulmanes, Mme Sbai a brossé un tableau plutôt objectif de la position qu'occupe la femme marocaine dans la société, faisant remarquer que cette dernière exerce au même titre que l'homme ses droits et prérogatives sans restriction aucune, à la faveur de garanties juridiques, notamment le code de la famille, puisées dans la religion musulmane et d'une prise de conscience générale sur la nécessité de lui accorder une place honorable comme cela est prescrit dans le Saint Coran.
"Le gouvernement marocain compte plus de femmes qu'en Italie", s'est-elle réjouit à dire, se félicitant de la volonté exprimée à haut niveau d'associer la femme marocaine à la prise de décision et à la gestion des affaires publiques.
Mme Sbai a mis en garde contre les courants extrémistes en Europe qui font une mauvaise interprétation de la religion et l'utilisent à mauvais escient, ce qui a nuit dangereusement à l'image des Musulmans en Occident.
"Les adeptes de courants extrémistes imposent aux femmes, notamment marocaines en Italie un mode de vie qui n'a rien à voir ni avec l'Islam, ni avec les traditions ancestrales de notre pays", a-t-elle souligné.
Ce mode de vie, a-t-elle expliqué, va de la tenue vestimentaire (burka) jusqu'à la privation de participer aux activités sociales, éducatives et économiques.
La députée italienne s'est à cet égard insurgée contre certaines pratiques enseignées et préconisées dans des petites mosquées en Italie par des imams obscurantistes qui ne connaissent pas l'Islam et qui incitent à la haine, à l'exclusion et la marginalisation de la femme.
Ces petites mosquées, relève-t-elle, connaissent malheureusement un certain succès auprès de la diaspora maghrébine en Italie, appelant les pays d'origine, notamment le Maroc, à prendre conscience de cette réalité, "parce que ces immigrés vont retourner un jour chez eux et leur intégration sera difficile dans leur propre pays".
Mme Sbai, qui est aussi présidente de la confédération des associations marocaines d'Italie, a par ailleurs, exprimé son engagement de continuer son combat au sein du parlement italien dans la défense des femmes musulmanes et de leurs droits. Elle a également affirmé qu'elle contribuera à faire connaître les valeurs de son pays d'origine et à favoriser le dialogue entre les populations immigrées et les citoyens italiens dans l'objectif d'une meilleure intégration et compréhension mutuelle.
Docteur en droit comparé et diplômée en philosophie après des études universitaires à Rome, Souad Sbaï dirige le Centre culturel Ibn Rochd et un mensuel marocain édité en langue arabe consacré aux questions des immigrés arabes en Italie. Elle est également membre du comité religieux consultatif.
MAP