Il est largement admis que les zoos connaissent aujourd'hui une évolution de leur concept de la simple exposition des animaux à la préservation des espèces rares et à la création d'espaces de détente et de loisirs.
Dans ce sens, ces établissements procèdent régulièrement à une reconfiguration de leurs espaces et à une rénovation de leurs services, selon une vision de modernisation qui vise à concilier les impératifs de conservation de la nature avec les besoins récréatifs des citoyens. La tendance actuelle s'oriente ainsi vers une réhabilitation des espaces zoologiques selon un concept ouvert, conçu sur la base de vues séquentielles, de paysages reconstitués et d'expositions multi-espèces, où les animaux sont présentés dans des milieux offrant toutes les caractéristiques essentielles des habitats naturels qui conditionnent leur bien-être et leur comportement normal. Le zoo actuel de Témara comporte une collection animale variée, mais ne répond à aucun concept et à aucun standard. Il a fait l'objet dans un passé récent de tentatives de requalification qui n'ont pas abouti pour les raisons évoquées, en plus des contraintes intrinsèques liées à l'emplacement (quartier résidentiel de Riad) et à l'environnement (nuisances diverses liées aux bruits et aux odeurs).
Aussi, après avoir effectué des études techniques, les pouvoirs publics ont décidé de construire un nouveau parc zoologique répondant aux standards internationaux modernes de ce type d'établissement en matière d'exposition interactive de la collection animale, d'éducation relative à l'environnement, de détente et de loisirs. La réalisation de cet ouvrage est confiée à la Société «Jardin zoologique national SA», créée en mai 2007, dont le Conseil d'administration est présidé par le Haut commissaire aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD).
Cette infrastructure ludique et éducative sera édifiée sur un terrain d'une superficie de 50 ha, attenant au complexe sportif «Prince Moulay Abdellah», dans le prolongement de la ceinture verte. Elle comportera un ensemble d'installations, d'équipements et d'activités lui conférant une grande attractivité et sera spécialisée dans la présentation d'une collection animale d'origines marocaine, africaine et saharienne. L'enrichissement de la nouvelle collection s'opérera sur la base d'échanges et d'acquisitions d'espèces non disponibles dans le parc zoologique actuel et s'intégrant dans le concept moderne du nouveau jardin. Compte tenu de la spécificité, de la multidisciplinarité et des exigences de qualité requises pour la réalisation du nouveau parc, la Société «Jardin zoologique national SA» a eu recours à l'expertise internationale pour la conceptualisation du programme d'aménagement du nouveau zoo et s'est attaché les services d'une consultation spécialisée en vue de conduire à bien ce projet qui s'inscrit dans le cortège des chantiers de qualité pour la requalification et la mise à niveau de la capitale du Royaume.
L'ensemble des actions et des opérations d'organisation de la société, les notes de cadrage et les termes de référence techniques, les opérations de sélectiones profils et des expertises internationales ont été achevés durant le premier semestre 2007. Les études conceptuelles et techniques ont été réalisées et les dossiers de consultation des entreprises sont en cours d'élaboration. La maîtrise d'oeuvre du projet a été confirée au cabinet d'architectes Jawad Benchemsi, retenu parmi neuf cabinets soumissionnaires sur la base des compétences et de l'expérience requises.
Les travaux seront lancés au cours du deuxième semestre de l'année 2008 et s'achèveront en fin 2010. Le coût global de la réalisation du projet est évalué à 813 millions de dirhams.
Durant cette phase transitoire, la collection animale continue à être traitée et entretenue dans les mêmes conditions que celles qui ont toujours prévalu en termes d'entretien, de soins, d'alimentation et de gardiennage. Et c'est justement en raison de la situation de l'actuel zoo, avec les contraintes structurelles qu'il connaît depuis sa création, que les pouvoirs publics se sont attelés à réaliser un nouveau jardin zoologique digne de ce nom.
Source : Libération