Le Mouvement pour le tiers des sièges élus aux femmes ne chôme pas. Après le débat lancé avant les élections du 7 septembre 2007, il revient à la charge. Et cette fois, il cible les élections communales de 2009. Il n'a pas laissé passer l'occasion du débat sur le découpage communal sans plancher également sur la place des femmes dans les collectivités locales. Le bilan qu'il dresse est sans appel: les femmes n'occupent que 0,53 % des sièges élus aux collectivités. Une situation qui ne peut contribuer à la participation de la femme à la démocratie locale.
Le changement s'impose et l'approche genre s'avère indispensable. Premier pas, lancement d'une campagne nationale pour le tiers des sièges élus aux femmes lors des prochaines élections communales, avec également le tiers des communes à présider. Le plaidoyer du mouvement se fonde notamment sur la déclaration gouvernementale du 24 octobre 2007, l'approbation par 11 secteurs gouvernementaux d'une approche genre dans leurs plans stratégiques et sur le rôle que jouent les collectivités en tant qu'espace essentiel de la promotion du développement économique, politique et social, où il est nécessaire de mettre en oeuvre les principes de bonne gouvernance et de démocratie participative.
«Normalement, la commune devrait s'ériger en unité spatiale, politique et économique où l'on doit mettre un terme aux disparités entre les deux sexes», a déclaré à cet effet, Mme Khadija Errebbah, membre actif de ce mouvement, avant de mentionner la nécessité d'inclure une commission d'égalité, chargée de s'ouvrir sur tous les intervenants locaux, coordonner les actions des différentes commissions permanentes de la commune et proposer des projets répondant à l'approche genre.
Un premier pas dans ce sens serait de contextualiser la charte communale qui ne s'adresse pas aux présidentes ni aux élues. Suivra la proposition des élections par liste qui fera prévaloir l'esprit et la culture partisans pour que l'élite locale soit effectivement à l'avant-garde de la défense de la démocratie.
Source : Nouri Zyad - Libération