La stratégie 2008-2012 du ministère de la Santé vise à assurer l'équité de l'offre des soins entre les régions et entre le milieu urbain et rural et à faciliter l'accès aux soins pour les plus démunis et surtout pour la population rurale.
Cette stratégie, dont les principaux axes ont été présentés, jeudi à Rabat, par la ministre de la Santé, Mme Yasmina Baddou, lors d'un colloque national sous le thème "Ensemble pour le droit à la santé", a également pour objectif de rendre au citoyen la confiance dans le système de santé par l'amélioration de l'accueil, l'information, les urgences, la propreté et la disponibilité des médicaments ainsi que par la réduction du coût des soins de santé et des médicaments.
Elle a aussi pour but de moraliser le secteur de la santé, renforcer la veille et la sécurité sanitaire, réduire la part supportée par les ménages dans le financement de la santé à moins de 25 pc à l'horizon 2015 et prendre totalement en charge les affections de longue durée.
Cette stratégie prévoit d'autre part de réduire le taux de mortalité maternelle à 50 décès pour 100.000 et celui de la mortalité infantile à 15 décès pour 1.000 à l'horizon 2012, et de disposer d'un service public de santé compétitif et performant (taux d'hospitalisation à 5 pc de la population à l'horizon 2012).
La réalisation de ces objectifs nécessite, selon le ministère, un repositionnement stratégique du rôle de l'Etat vers une dissociation entre l'activité de prestation de services et celle de financement et d'assurance.
Cette stratégie s'articule autour de quatre axes qui portent sur le repositionnement stratégique des différents intervenants dans le système de santé au Maroc par notamment la création de plusieurs organismes publics autonomes de gestion des infrastructures hospitalières avec l'introduction d'un système de péréquation verticale ou horizontale leur permettant un équilibre financier tout en s'acquittant de leur mission de service public et des exigences de la solidarité nationale, ce qui implique un recentrage du rôle du ministère de la Santé sur les activités de régulation, de planification, de contrôle et de veille sanitaire.
Ce repositionnement exige aussi l'établissement d'un partenariat stratégique avec le secteur privé basé sur l'approche participative et un autre avec les ONG qui tient compte de leur dynamisme et de leur force de proposition.
Le deuxième axe porte sur une mise à la disposition du citoyen d'une offre de soins accessible suffisante en quantité, de qualité et équitablement répartie sur l'ensemble du territoire à travers la mise à niveau des hôpitaux, la mise en place d'une politique concertée des médicaments, une coordination efficace et systématique entre l'ensemble des institutions sanitaires, la mise en place de la carte sanitaire, une politique de ressources humaines basée sur le renforcement et le développement des compétences et la mise en place du régime d'assistance médicale (RAMED) et sa généralisation.
Le troisième axe porte sur l'introduction de la planification stratégique à moyen et long termes par la mise en place de plans nationaux spécifiques et ciblés, alors que le dernier repose sur la prévention, la sécurité et la veille sanitaire.
L'élaboration de cette stratégie a pris en considération les principaux acquis du système de santé marocain (l'offre de soins, ressources humaines, le financement, les produits de santé et la sécurité sanitaire) et ses dysfonctionnements.
Les travaux de colloque initié par le ministère de la Santé, et dont la séance d'ouverture a été présidée par le Premier ministre, M. Abbas El Fassi, se déroulent en ateliers thématiques sur les Réformes du système national de santé, la transparence et bonne gouvernance, la politique des médicaments, le partenariat public/privé, le partenariat avec les ONG, la lutte contre la mortalité maternelle et infantile et la prise en charge des affections de longue durée.
Source : MAP