BAGDAD (AFP) - Plusieurs milliers de chiites sont descendus dans la rue lundi à Bagdad pour protester contre une opération américaine à proximité de la mosquée de Kazimiyah, dans l'ouest de la capitale irakienne.
Brandissant des drapeaux irakiens et des banderoles frappées de slogans religieux, près de 3.000 chiites, en grande majorité des jeunes hommes, ont défilé en direction de la mosquée de Kazimiyah, qui abrite le mausolée du septième imam chiite, Moussa al-Kazim, mort en 799.
Les manifestants dénonçaient un raid mené la veille contre un bureau du mouvement du chef radical chiite Moqtada Sadr, violemment opposé à la présence des troupes américaines en Irak, selon un correspondant de l'AFP sur place.
L'armée américaine a, dans un communiqué publié lundi, confirmé une opération dans le secteur mais a démenti être entrée dans la mosquée ou avoir pénétré dans les bureaux du mouvement Sadr.
L'opération visait plusieurs individus recherchés, mais en arrivant sur les lieux, les forces américaines et irakiennes ont été la cible de tirs, tandis que des hommes mettaient le feu à des pneus. "Un soldat irakien et huit extrémistes ont été tués" durant le raid, a ajouté l'armée.
Selon elle, huit personnes ont été arrêtées, mais toutes ont été ensuite relâchées.
Par ailleurs, huit personnes ont été tuées lundi matin dans des violences, dont quatre à Bagdad, a-t-on appris auprès des services de sécurité.
Un attentat suicide à la voiture piégée a tué cinq personnes et fait 12 blessés, à proximité d'un poste de police à Mansour, dans l'ouest de Bagdad, a indiqué une source de sécurité.
Un civil est mort et deux autres ont été blessés dans l'explosion d'une bombe artisanale dans le quartier de Bayaa, dans le sud-ouest de la capitale, a-t-elle ajouté.
Un ancien général de l'armée de Saddam Hussein a été abattu par des hommes armés à Doura, dans le sud de Bagdad, selon une autre source de sécurité.
Dans le centre de Mossoul, un policier a été tué et deux blessés dans l'explosion d'une voiture piégée, a indiqué le colonel Mohammed al-Wagga, de la police de la ville située à 370 km au nord de Bagdad.
Quatre insurgés ont été tués alors qu'ils avaient lancé dans la nuit un assaut contre un commissariat de police de l'ouest de la ville, a-t-il précisé.
Dimanche soir, six civils ont été tués lors de l'explosion d'une bombe dans la ville pétrolière chiite de Bassorah, à 550 km au sud de Bagdad, a annoncé lundi l'armée américaine dans un communiqué.
"Une explosion dans le quartier al-Hiyyaniyah de Bassorah vers 22H20 (18H20 GMT) le 29 avril a tué six civils et blessé plusieurs personnes", a indiqué l'armée.
"D'après les forces de la Coalition, cette explosion d'une bombe est vraisemblablement accidentelle. Elle serait survenue au cours du transport d'explosifs à l'intérieur d'un véhicule", a-t-elle ajouté.
"Le quartier d'al-Hiyyaniyah est réputé être sous l'influence de la milice de l'armée du Mahdi", a précisé l'armée.
Bassorah, la seconde ville du pays, située près de la frontière avec le Koweït et l'Iran, ne connaît pas de violences confessionnelles, sa population étant très majoritairement chiite. Mais les différents partis et milices de cette communauté se livrent une lutte interne pour le contrôle de la ville et de ses ressources pétrolières.
Source : AFP