MM. Abdelaziz Meziane Belkih et Mohamed Moatassim, conseillers de Sa Majesté le Roi ont souligné qu'un conseiller ""joue le rôle de relais et de messager"" et qu'il ""n'est nullement un passage obligé entre Sa Majesté le Roi et son Premier ministre"".
Dans une interview croisée publiée vendredi par les quotidiens +Aujourd'hui le Maroc+ et +Al Ahdat Al Maghribia+, M. Belfkih a expliqué que lors de la formation du gouvernement, ""les conseillers ont rempli, sur ordre de Sa Majesté, le rôle de messagers fidèles auprès du Premier ministre désigné et inversement, lorsque celui-ci l'avait explicitement souhaité"". ""Il ne s'agit aucunement d'un rôle d'influence, ni d'orientation, ni de décision, en ce qui concerne les candidats ou les partis"", a-t-il dit.
Il a souligné que ""le gouvernement a été formé conformément aux dispositions de l'article 24 de la Constitution et sur la base d'une démarche démocratique saluée par tout le monde, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Une nouvelle avancée a ainsi été réalisée par notre pays dans le processus, certes long et ardu, d'édification démocratique"".
Quant au pouvoir constitutionnel de nomination des membres du gouvernement par Sa Majesté le Roi, M. Moatassim a indiqué que ""ce pouvoir ne peut, sur un plan juridique ou pratique, se réduire à un acte formel. En effet, le Roi est le garant du bon fonctionnement et de l'équilibre des institutions et veille à la réussite et à la crédibilité du processus de formation du gouvernement, dans le respect de la Constitution et de la volonté des électeurs"".
A la question de savoir ""comment se déploie concrètement cette prérogative royale au moment de la formation d'un nouveau gouvernement"", M. Moatassim a souligné que ""la question dépasse la simple acception technique de la prérogative en renvoyant au concept transcendant de la Amana au sens politico-religieux fondé sur le lien réciproque de la Baia, acte sacré que Sa Majesté le Roi assume constamment en veillant sur les intérêts suprêmes de la nation"".
Pour ce qui est de la définition du rôle de conseiller, M. Belfkih a précisé que ""c'est un haut commis de l'Etat"" et qu'il "" fait partie des responsables qui tirent leur légitimité de la nomination royale. Son périmètre d'action se situe, par définition, en dehors de la sphère politique et partisane. Le conseiller doit assumer pleinement ses responsabilités, tout en se mettant à l'abri de toute influence ou instrumentalisation"".
Source : MAP