Le Maroc place la coopération avec les pays du sud au rang des priorités de sa politique extérieure pour faire face aux défis et contraintes induits par la mondialisation, a souligné le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, M. Mohamed Benaissa.
Dans une allocution lue en son nom par M. Omar Hilale, secrétaire général du ministère des affaires étrangères et de la coopération, lors d'une table-ronde organisée mercredi à Rabat à l'occasion de la Journée nationale de la diplomatie marocaine, le ministre a ajouté que la diplomatie marocaine traite, intelligemment et dans un esprit de réalisme, les évènements récurrents et les mutations profondes survenus sur la scène internationale.
Rappelant les initiatives du Royaume dans le cadre du Mouvement des Non alignés et son apport à la création de l'Organisation de l'Unité africaine, de l'Organisation de la Conférence islamique et du groupe des 77, M. Benaissa a souligné qu'au fil des décennies, la diplomatie marocaine est restée fidèle à ses principes fondateurs et à son référentiel culturel civilisationnel.
Dans cet esprit, a ajouté le ministre, les questions maghrébines, arabo-islamiques, africaines et méditerranéennes ont été toujours parmi les priorités de la politique étrangère du Royaume.
Cette table-ronde consacrée à la coopération entre le Maroc et les pays du Sud a été organisée à l'initiative du Club diplomatique marocain, avec la participation d'un parterre de chercheurs, de diplomates et d'universitaires.
Abordant à cette occasion les divers aspects de cette coopération, les participants ont indiqué que même si le dialogue et les échanges sud-sud se distinguent par un contenu global, la mondialisation et l'émergence de groupements régionaux ont conféré à cette dynamique de coopération une dimension surtout économique.
Le dialogue entre les pays du Sud ne saurait servir d'alternative à la coopération avec ceux du nord, du moment qu'il demeure un moyen efficace pour s'affirmer et s'affranchir de la dépendance économique vis-à-vis des pays du Nord. C'est ainsi que les pays en voie de développement peuvent s'ériger en interlocuteurs de poids dans toute négociation avec le Nord, ont relevé les participants.
Intervenant à cette occasion, M. Omar Kabbaj, conseiller de SM le Roi, a souligné que le Maroc, de par ses relations séculaires avec les pays de l'Afrique subsaharienne et sa riche expérience en matière de développement économique et social, est mieux placé pour apporter une contribution importante aux autres pays du Sud.
M. Kabbaj a rappelé, à ce propos, les différents efforts déployés par le Maroc pour le renforcement de cette coopération Sud-Sud, à travers entre autres l'octroi de bourses d'études à des milliers d'étudiants africains et l'assistance technique en faveur des pays du continent, surtout dans le domaine de l'agriculture.
Le conseiller de SM le Roi a également cité les nombreuses interventions des secteurs public et privé marocains dans plusieurs pays africains, dans des secteurs aussi diversifiés que la navigation aérienne, les finances, les télécommunications, les mines et le bâtiment. Il a, d'autre part, appelé à l'intensification des relations avec l'Afrique subsaharienne et au renforcement de la présence diplomatique du Maroc dans le continent.
Pour sa part, M. Mohamed Larbi Messari, qui a axé son exposé sur la coopération entre le Maroc et les pays d'Amérique Latine, a souligné que les relations politiques entre les deux parties sont beaucoup plus importantes par rapport à leurs liens économiques. Cette tendance a été renforcée vu que le Royaume est réputé comme un pays "facilitateur" du dialogue sur les grands dossiers internationaux, a-t-il argué.
Il a qualifié de "modestes" les relations économiques avec les pays de la région, déplorant "l'ignorance mutuelle" des opportunités offertes en matière d'échange et de coopération.
De son côté, l'universitaire Taj Eddine El Hosseini a estimé que les pays du Maghreb sont appelés à instaurer des mécanismes d'intégration, faute de quoi, a-t-il noté, la région "ne pourra pas être un acteur estimé dans les relations internationales".
Dans un exposé sur "le Maroc et l'intégration maghrébine", il a considéré que la complémentarité entre les pays de la région passe nécessairement par la consécration de l'identité maghrébine, l'ancrage de la pratique démocratique et par un minimum d'entente et de volonté politiques.
Au terme de cette rencontre, le Club diplomatique marocain a signé des conventions de partenariat avec la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Sala El Jadida, le Club diplomatique de l'université Al Akhawayne d'Ifrane, l'Association de recherches historiques de Rabat et l'Association Tétouan Asmir.
Source : MAP