Vingt trois personnes, au moins, ont été tuées, et plus de 160 blessées, dans deux attentats quasi simultanés perpétrés mercredi à Alger, a annoncé la Protection civile algérienne dans un communiqué, selon un décompte à la mi-journée. Un attentat à la voiture piégée visant le Palais du gouvernement, dans le centre d'Alger, a fait plus de neuf morts et plus de 32 blessés
Une autre explosion, près du commissariat de police de Bab Ezzouar, a fait plus de huit morts et plus de 50 blessés, selon la même source. Les deux attentats ont eu lieu quasi simultanément vers 10h45 (9h45 GMT).
A la mi-journée, des débris de verre jonchaient le sol sur un rayon de deux à trois cents mètres à l'entrée du Palais et sur l'esplanade de l'immense bâtisse de plusieurs étages qui abrite notamment les services du ministère de l'Intérieur.
Un épais nuage de fumée noire se dégageait du lieu de l'explosion, qui a été très violente. L'autre attentat s'est produit près du commissariat de Bab Ezzouar, immense zone d'habitations abritant notamment l'Université des sciences et des technologies, selon des habitants de la cité du 5 juillet, interrogés par l'AFP.
Il s'agit d'actes "criminels et lâches commis au moment où le peuple algérien demande la réconciliation nationale", a déclaré le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem, à la radio algérienne. Selon la Charte sur la réconciliation nationale, entrée en vigueur en février, les islamistes qui ont déposé leurs armes peuvent bénéficier d'une grâce présidentielle, à condition de n'être pas impliqués dans des meurtres, des sabotages et des actes de terrorisme.
Plus de 2.000 personnes ont été libérées aux termes de cette Charte et 300 islamistes armés ont déposé leurs armes et ont bénéficié de la grâce présidentielle.
Ces deux attentats surviennent cinq jours après un dur accrochage entre l'armée et un groupe islamiste samedi soir à Aïn Defla (ouest d'Alger) au cours duquel neuf militaires ont été tués, alors qu'à l'est l'armée mène, depuis près de vingt jours, une vaste opération de ratissage en Kabylie.
Source : AFP